Sous le Tram,   le végétal

Exit l’époque du « tout gazon ». Pour la nouvelle ligne  de tramway, les paysagistes du projet expérimentent,  sur le site du Bergot, des alternatives de végétaux pouvant subsister sans arrosage. 

“Dans l’esprit commun des gens : une plateforme réussie c’est ce tapis vert », explique Pierre Alexandre Cochez, paysagiste chez LA/BA au sein du groupement de Maîtrise d’œuvre, qui a défini les choix de végétaux testés.

Voici plus de 15 ans qu’il étudie des alternatives au gazon, en essayant de conserver un aspect semblable. Chaque mètre carré de plateforme engazonnée en France nécessite 1m3 d’eau par an, plus qu’un terrain de sport ou qu’un golf.

L’objectif aujourd’hui : réduire considérablement l’arrosage et l’entretien, pour des raisons écologiques et économiques évidentes. Deux plateformes, de 6 x 15 m de large chacune, ont été installées sur le site du Bergot, l’une imperméable (une dalle qui ne laisse pas l’eau s’échapper) et l’autre perméable (un système de drains et de puits perdus qui permet à l’eau de s’évacuer).

LE TEMPS DE L’OBSERVATION

Ces plateformes sont recouvertes de deux types de substrats*, l’un dit « pauvre » fait de terre et de pierre et l’autre riche en matières organiques. Vient ensuite une 3e couche, les mélanges de végétaux : « Je me suis beaucoup inspiré des milieux littoraux bretons (dunes, milieux rocheux…) mais aussi des végétations pauvres de la Bretagne intérieure où l’on peut trouver des sols pauvres et des friches. J’ai recherché des plantes résilientes », explique Pierre-Alexandre Cochez.

Sur place, Nicolas Danielou, conducteur de travaux chez Paysage d’Iroise, est chargé de réaliser et d’observer les plateformes sur site : « On établit un rapport détaillé avec photos une à deux fois par mois pour rendre compte de l’évolution de la pousse, de la faune et la flore qui apparaît sur la zone. »  « Ces mélanges de plantes indigènes sont un vrai facteur d’augmentation de la biodiversité au sein de la ville et un avantage écologique indéniable », ajoute Pierre-Alexandre Cochez.

Les rapports renseignent également les relevés météorologiques du mois afin de voir comment les planches d’essais réagissent à la pluie, au temps sec voire à la sécheresse. Les plantations réalisées en avril 2023 ont d’ailleurs subi des conditions difficiles qui ont nécessité de replanter à l’automne. Il faudra environ 2 ans d’observation avant la mise en situation réelle. 

* Un substrat est un support de culture dans lequel on plante ou on sème des végétaux.

La plateforme nouvelle génération du Tram :
• 80 % sera végétalisée soit plus de 2 hectares
• 50% pourrait être perméable pour faciliter
l’infiltration de l’eau à la nappe phréatique
et 50% imperméable sur radier** pour des
contraintes techniques (vibrations, girations,
appareils de voie, alignement inférieur à 40m).
• Il faudra accepter un aspect dégradé par
temps chaud et sec, pour économiser l’usage
de la ressource en eau !

** Dalle de béton superficielle
utilisée comme base d’une structure à venir.